Il y a un an, ils dansaient

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Comme l’année dernière, j’essaie dans tous les sens et même si je ronchonne intérieurement quelques phrases, ça ne sort pas, c’est là dans ma tête… Ça tourne en boucle, ça me fait tourner en rond. Ça ne veut pas non, c’est là dans mon corps, ça tiraille, ça noue, ça pince. C’est quoi, c’est cette douleur stagnante du 13 novembre 2015 ?

Ils étaient tous là, innocents, à danser. Je ne sais pas vraiment s’ils dansaient sur ce genre de musique, d’ailleurs j’imagine mal quiconque danser sur un morceau des Eagle of death Metal. Mais leurs coeurs eux dansaient ça c’est certain. À coup sur, ils criaient, sautaient, applaudissaient, à coup sur ils kiffaient. Rue de Charonne, il y avait aussi ceux, verre de vin ou bière à la main savourants leurs débuts de week-end. Je suis sûr qu’ils se racontaient tous des histoires douces, des potins marrants et même s’ils se plaignaient de leurs semaines insupportables, ils étaient ensemble. Paris, aussi merveilleux qu’il soit lui aussi vivait comme un vendredi soir habituel. Ce soir-là, ces 130 victimes avaient tous un point commun : ils aimaient la vie.

Je n’ai pas besoin de regarder de vidéo, d’écouter la radio, ni même de fermer les yeux. J’ai encore ces bruits atroces entendus sur BFM TV qui résonnent dans ma tête. Ces gros booms, ces gros cris, ces appels aux secours, ces gros pin pon pin pon. J’ai encore du mal à y croire, encore du mal à digérer, encore du mal, c’est tout.

Je n’ai pas besoin de regarder les reportages divers au sujet de Novembre 2015 pour me rappeler les témoignages poignants des survivants. Leurs histoires, leurs intonations de voie, leurs mots sanglants. Je n’ai pas besoin d’y penser, pour être attristé.

Aujourd’hui, Paris se souvient, Paris rend hommage, avec des lanternes, des fleurs, des sourires blessés. Aujourd’hui Paris est plus beau, plus fort, plus soudé. Aujourd’hui plus qu’un autre jour la France balance soutient et positivité à travers de merveilleux hommages. J’ai cet immense regret de ne pas être dans les rues de Paris pour partager avec mon pays, avec mes amis cette journée du 13 novembre 2016. L’autre immense regret de ne pas avoir pu danser hier soir au concert organisé pour Marie et Mathias au Tcrm-Blida… Parce que 365 jours plus tard, il reste bien plus que des maux/mots.

365 jours plus tard, j’y pense toujours. Toujours = tous les jours. Ça varie, c’est sur. Un fragment de seconde, dix, quinze. Une minute, dix, quinze. Et même parfois toute la journée.

365 jours plus tard, j’ai constamment peur. Peur d’un nouveau tweet, peur d’une nouvelle notification, peur d’un nouvel appel qui m’annonce un nouveau boom.

365 jours plus tard, les photos de profil vêtues de bleu, de blanc, de rouge sont quant à elles bien loin aux oubliettes, remplacées par je soutiens « OM » non, je soutiens « OL ». J’en veux d’ailleurs à Zuckerberg d’avoir lancé les photos de profil éphémères pour les attentats Français, car maintenant ça n’a plus de sens.

365 jours plus tard, je suis toujours écoeuré par ces médias qui pour relancer leurs audimats n’hésitent pas à sortir leurs reportages bien abusifs concoctés pendant l’année. Les journalistes sont trop peu humains pour se faire autant de peur sur le dos de cet attentat. Sur le dos de ces gens émues qui prêtent leurs paroles. C’est dégeulasse.

365 jours plus tard, c’est sur Périscope que j’admire le laché de lanternes le long du Canal St-Martin. Et ces autres hommages profonds… Un parc, des arbres plantés, des associations, des coeurs entremêlées, des mains liés, des gens soudés.

365 jours plus tard, j’ai l’espoir de retrouver une jolie France, forte et soudée. Car en étant Charlie, en étant Paris, en étant Nice, on se l’ai tous promis « nous n’avons plus peur. »

365 jours plus tard, c’est à 7365 kilomètres de Paris, au bord du lac Michigan que brule ma bougie pour rendre un hommage à Marie et Mathias, aux 128 autres victimes, à Paris.

365 jours plus tard, c’est depuis Chicago que Je suis Paris, Je me souviens Paris.

SIGNATURE-JUSTINE-LOURENCO

 

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Justine Lourenço
J'ai 23 ans et après Metz et La Rochelle, je me suis installée à Lyon depuis un an. Je suis Social Media Manager en agence (ça doit être ça la raison du pourquoi je suis vachement sociable -rire-) ! Sociable, mais aussi très curieuse, férue de mode et de tendances. Le tout donne un mélange explosif qui commence par www.

5 Comments

  1. My sweety, your words are strong, are simply right… for sure you will as many of us never forget this tragique date, Paris 13th November 2015, for all the people who died for nothing and even more for the lost of your two friends Marie & Mathias. Keep strong for ever, take care where ever you are. Hugs and kisses my baby

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